Le Centre d’amitié autochtone est situé à Val-d’Or, en Abitibi, une région qui date d'à peine 80 ans, mais habitée par la présence algonquine depuis des milliers d’années. L’établissement des réserves indiennes au début des années 50 oblige les Algonquins à se sédentariser à proximité de Val-d’Or, soit au Lac-Simon, Kitcisakik et Pikogan. À cette époque, plusieurs familles algonquines sont «sorties du bois» pour aller vivre en ville. En 2006, dans la MRC de la Vallée-de-l'Or, 2825 personnes déclarent une identité autochtone selon Statistique Canada. Cette population est en pleine croissance et très jeune par rapport au reste de la population québécoise, 42% de la population autochtone hors réserve avait moins de 25 ans en 2006 comparativement à 25% de la population non autochtone.
Au Québec, on estime à plus du tiers le nombre d’Autochtones qui vivent hors de leur communauté d’origine. À Val-d’Or, le mouvement d’urbanisation des Autochtones est facilement perceptible. En Abitibi, Val-d’Or est un des principaux pôles d’attraction pour cette population mais il est aussi désormais le lieu de naissance de nouvelles générations d’Autochtones qui n’ont pas connu la réserve. Une autre partie de la clientèle du Centre d’amitié est formée d’Autochtones en transit qui viennent à Val-d’Or pour les études, le travail, la cour ou pour des raisons de santé. Par exemple, la clientèle du service d’hébergement est composée à près de 95% par des personnes en provenance des communautés nordiques cries, qui séjournent à Val-d'Or pour des raisons de santé, souvent des femmes enceintes ou des personnes âgées. Le service jeunesse pour sa part reçoit beaucoup de jeunes algonquins de la communauté de Kitcisakik qui séjournent en foyer d’accueil à Val-d’Or durant l’année scolaire et qui profite du local des jeunes pour se rassembler dans un milieu culturellement pertinent.
Le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or offre une gamme variée de services en réponse aux besoins d’une clientèle diversifiée mais unie par leur identité autochtone. Ces services couvrent de nombreux domaines et presque tous les groupes d’âge; ils sont développés selon les principes privilégiés au Centre d’amitié soit de contribuer au mieux-être des individus de la communauté autochtone en favorisant une approche holistique permettant de créer un équilibre dans l’âme, le corps, l’esprit et le cœur ainsi qu’une approche d’empowerment permettant aux individus de développer leurs capacités et de reconnaître leurs compétences. Tous les services sont offerts avec le souci d’améliorer la qualité de vie et l’état de santé globale des individus en brisant l’isolement souvent ressenti en ville et en aidant à développer une image positive d’eux-mêmes. Cette image positive est aussi projetée à toute la population pour briser les préjugés et favoriser les rapprochements entre Autochtones et non-Autochtones.
Au Québec, plus du tiers des Autochtones vivent en ville...
Pour protéger leur identité et assurer la préservation de leur culture, pour se doter de services adaptés à leurs réalités multiples et s'entraider devant les défis nouveaux que la ville impose, les Autochtones citadins se sont regroupés e ont créé des lieux de rencontre qui contribuent à leur renforcement identitaire, culturel, social, économique et politique. Ces lieux, les centres d'amitié autochtones, proposent des services de première ligne dans les villes. Ainsi est né le vaste mouvement des centres d'amitié autochtones au Québec et au Canada.
Les Autochtones des villes commencent à investir les espaces publics de diverses manières et à plusieurs titres. La jeunesse et la croissance de cette population transforment le paysage urbain. Une action collective autochtone se développe; une nouvelle identité citoyenne est en émergence qui n'est ni celle des Québécois, ni celle des communautés culturelles, ni celle des communautés autochtones.